L'extraction de la tourbe
est à l'origine de la plupart des plans d'eau de la vallée de
la Somme et de ses affluents.
Cette extraction a débuté au Moyen-Age. L'activité des
tourbiers s'est développée encore au XVIIIème siècle
et s'est poursuivie jusqu'au début du XX ème siècle.
Ces marais présentent une végétation particulière
abritant une faune et une flore particulièrement riches et variées.
Depuis au moins trois décennies, le déclin des pratiques d'entretien
(fauche, plus rarement pâturage) a conduit à un embroussaillement
de ces milieux, matérialisé notamment par un envahissement par
les fourrés de saules.
Lien
vers le site de la commune de Long pour de plus de précisions sur l'exploitation
de cette ressource.
Le marais du Château à Bourdon
Les secteurs les plus remarquables
sur le plan floristique sont principalement des radeaux de végétation
flottants ou tremblants, dominés généralement
par la Fougère des marais et la Laîche paniculée
(grosses touffes de feuilles ressemblant à des graminées).
Malgré la poursuite d'opérations d'entretien courant, une tendance
à la banalisation de la végétation se dessine localement.
L'évolution du marais semble marquée par une régression
des roselières tourbeuses due peut-être à une dégradation
de la qualité des eaux.
La dynamique arbustive se caractérise par le développement de
quelques jeunes saulaies et aulnaies.
Le phénomène d'envasement est marqué et limite le développement
des plantes aquatiques au coeur du plan d'eau.
Les espèces végétales
La Fougère des marais
Cette fougère occupe
la plupart des milieux tourbeux de la vallée, tant en contexte boisé
que prairial.
Ses frondes sont typiques, vertes-jaunâtres et finement découpées.
Elle forme des tapis denses sur les radeaux de végétation flottants,
qu'elle contribue à stabiliser.
C'est aussi une des premières espèces à peupler les secteurs
suite à un déboisement de fourrés de saules.
Le Saule cendré
Cet arbuste aux feuilles assez courtes et plutôt ovales est l'un des premiers
à fleurir au tout début du printemps.
Il peut atteindre à maturité cinq ou six mètres de hauteur.
Le Saule cendré est très présent sur l'ensemble des marais
de la vallée car il s'étend suite au
manque d'entretien des milieux humides.
Les espèces animales
L'Aeshne mixte
Cette libellule d'assez
grande taille est de couleur dominante bleu et noir est commune un peu partout
dans la région.
Elle vole de juillet à septembre et sillonne en long et en large son
territoire en faisant de nombreuses allées et venues aux heures chaudes
de l'après-midi.
Le Brochet
Avec son museau pointu et
sa mâchoire garnie de dents acérées, ce poisson est un carnassier
redoutable, qui peut s'en prendre tant aux petits poissons qu'aux amphibiens
ou à certains insectes aquatiques.
Il joue un rôle certain de « nettoyeur » sur le marais.
Le Blongios nain
Ce petit héron
rare en Picardie, menacé en Europe, est inféodé
aux buissons de saules bordés de massifs de roseaux d'étendue
variable.
Il niche sur le marais du Château
ou à proximité immédiate et peut être
observé de mai à début septembre.
Il est surtout repérable par son chant au crépuscule, sorte d'aboiement
répété en longues séries et qui porte à au
moins trois cents mètres de distance.
Le Blongios se nourrit principalement de grenouilles et de petits poissons.